Historique

La ligne Maginot était une ligne de défense imaginée par les français dans les années 1920, le long des frontières belges, luxembourgeoises et allemandes.

C’est André Maginot, alors Ministre de la guerre sous le gouvernement de Raymond Poincaré, qui a donné son nom à ce système de fortifications, qui est le plus perfectionné que la France ait jamais réalisé.

Il faut dire qu’au lendemain de la Première Guerre mondiale, le traumatisme est profond pour notre pays dévasté, qui veut à tout prix éviter un nouveau conflit de ce type. Et la construction de cette ligne qui débuta en 1928, était directement liée à cette terrible crainte de voir à nouveau l’ennemi piétiné les lignes françaises. On croyait à cette époque, à une stratégie de position, qui consistait à empêcher toute attaque surprise des allemands par l’Est de la France, en les forçant à passer par la Suisse ou la Belgique, comme en 1914.

Ce n’est qu’en 1936, voire 1940 pour certaines, qu’ont été achevées les dernières fortifications de la Ligne Maginot en Moselle.

Tous ces efforts n’ont cependant pas empêché l’armée allemande de prendre Paris en juin 1940 ! Le seul fait notable et honorifique de cette ligne de défense de plus de 700 kilomètres, est d’avoir incroyablement bien résisté aux allemands.

Faisant honneur à leur devise « On ne passe pas », les derniers régiments français ne se sont en effet rendus que le 1er juillet 1940, soit une semaine après l’armistice franco-allemand !

Le secteur fortifié de la Sarre, qui était initialement rattaché au secteur de Rohrbach, était composé d’un ouvrage de commandement, appelé Le Petit Ouvrage du Haut-Poirier, et de plusieurs casemates nichées entre Wittring et Achen.

   

MISSIONS :

Ces nouvelles fortifications ont ainsi de nombreuses fonctions en cas de guerre :

  • économiser les troupes et compenser les classes creuses causées par la Première Guerre mondiale ;
  • empêcher une attaque-surprise venant de l'Allemagne et permettre de mobiliser l'armée française à l'abri;
  • protéger les bassins industriels et les mines d'Alsace et de Lorraine ;
  • servir de base à une éventuelle contre-attaque ;
  • pousser les Allemands à passer par la Belgique ou par la Suisse.

Organisation interne des ouvrages :

Un ouvrage de la ligne Maginot s'organise autour de son armement et de sa mission. Ainsi, suivant son rôle, on retrouve différents éléments. De plus, l'adaptation au terrain est également prépondérante dans l'organisation générale de ces ensembles fortifiés. Mais, de manière générale, on retrouve toujours : des blocs destinés à servir d'entrée soit pour la troupe (que l'on appelle "entrée des hommes"), soit pour les munitions et le matériel (entrée des munitions). Parfois ces deux blocs sont regroupés en un seul pour des raisons pratiques (notamment pour les ouvrages de montagne) ou bien pour les petits ouvrages dépourvus d’artillerie : dans ce cas l'entrée des munitions n'est pas utile (elle est alors appelée "entrée mixte").

Ces entrées donnent accès au réseau de galeries qui constitue l'ouvrage. En effet, les ouvrages Maginot sont enterrés afin d'être suffisamment protégés et le moins visible possible. Seuls les entrées et les blocs de combats sont visibles de l'extérieur d’un ouvrage Maginot. L’armement est regroupé en blocs de combats, répartis dans une aire suffisamment vaste pour limiter l’efficacité des bombardements. Les entrées des ouvrages sont également rejetées bien à l'arrière des blocs actifs, parfois à plusieurs kilomètres pour les ouvrages de plaine.

Un ouvrage peut développer plusieurs kilomètres de galeries (environ une dizaine pour les plus gros) mais tout dépend de la taille de l'ouvrage et de sa situation géographique. On retrouve ainsi une caserne avec les chambrées pour la troupe, une cuisine, une infirmerie avec parfois un bloc opératoire, une centrale de production d'électricité (tout dans un ouvrage fonctionne à l'électricité) pouvant compter jusqu'à 4 groupes électrogènes, parfois un magasin principal de munitions (dit magasin M1). Tous ces organes se trouvent proches des entrées de l'ouvrage. Ils sont reliés aux blocs de combat par une galerie principale, pouvant faire plusieurs kilomètres de long. Dans ce cas, un train sur voie étroite à traction électrique permet d'acheminer le matériel et les munitions aux blocs de combat. Du côté des blocs de combats, on retrouve le poste de commandement, des magasins à munitions et bien sûr dans ces blocs l'armement de l'ouvrage.

Le béton fut employé massivement pour la protection de l’armement et des troupes : des milliers de mètres cubes de béton étaient nécessaires pour la construction d'un ouvrage. Mais on utilisa également des cuirassements pour protéger les pièces d'artillerie et d'infanterie. Comme l'avaient montré les combats des forts de Verdun en 1916, les systèmes développés pour la protection des pièces d'artillerie furent conservés et améliorés pour être intégrés dans la ligne Maginot.

Le secteur fortifié de la Sarre

Le 15 décembre 1925, le Conseil Supérieur de la Guerre adopta le projet de ligne de défense fortifiée discontinue. Il était entendu de ne pas fortifier le long de la frontière Belge alliée, ni de la Sarre, rendue indépendante de l’Allemagne par le traité de Versailles en 1918, et qui, d’ici 1935 devait par plébiscite choisir son rattachement à la France ou au moins être indépendante et donc neutre. 

Cependant dans ces années difficiles d’après guerre, l'Allemagne pourtant pays vaincu rétablit la situation plus vite que la France, aussi, lorsque le populaire Maréchal Hindenburg fut élu à la présidence de l’Allemagne en 1925, l’herbe de la “mère patrie” parut plus verte au “lander” de la Sarre que le gazon Français. C’est donc naturellement qu’elle choisit finalement, son rattachement à L’Allemagne lors du référendum.

Le secteur fortifié de la Sarre est donc composé d’ouvrages et de systèmes d'arrêt conçus par différentes organisations et sur plusieurs tranches :

-    A l’ouest, de Créhange, et jusqu’à Audviller, les ouvrages conçus par la Comission d’Etude des Zones Fortifiéesavec la collaboration du génie constituent “la ligne Daladier” nommée communément ligne CEZF dont la construction, inspirée de l’ancienne Commission de l'Organisation des Régions Fortifiées (C.O.R.F), fut entamée en 1939 prenant place en seconde ligne. 

    Les ouvrages MOM et STG, situés d’ouest en est du Poste Avancé de Macheren à  la casemate MC35 de Puttelange en passant par les casemates de Barst sont épaulés par des réseaux de rails et de mines antichars

-    A l'extrême est de ce Secteur Fortifié, dans le sous-secteur de Kalhausen qui jouxte le SF de Rohrbach auquel il était initialement attaché, on rencontre des ouvrages CORFde type “nouveau front” : les casemates de Wittring , du Grand Bois ou d’Achen, ainsi que le Petit Ouvrage du Haut-Poirier.

-    Dans l’intervalle, les sous-secteurs de Kappelkinger et de Sarralbe  restaient un obstacle sérieux grâce à tout un système de barrages et de réserves d’eau constituant une région innondable défendue par le 41e et 51e RMIC... c’est la ligne Maginot aquatique.

De l’effroyable défaite Française de juin 1940, on oublie souvent la résistance héroïque de nos soldats dans ce secteur. En effet, le 14, alors que Paris est déclarée ville ouverte et peut désormais tomber aux mains des Allemands, se déroulent à 400 kilomètres de là, sur la frontière, dans la trouée de la Sarre, les combats les plus violents de la bataille de France.

Face à la 1ère armée Allemande, les 69e , 82e, 133e et 174e Régiment d’Infanterie de Forteresse rejoints par le 41eme et 51eme Régiments de Mitrailleurs d’Infanterie Coloniale ont sauvé l’honneur de la France en se batant avec honneur. 

Ici encore, la devise de la ligne Maginot s’avère de mise :

“ON NE PASSE PAS!”

Petit ouvrage du Haut-Poirier :

L'ouvrage dont il est question dans le roman "Le secret de la ligne Maginot", est le Petit Ouvrage du Haut-Poirier, situé sur le secteur fortifié de la Sarre en Moselle. Cet ouvrage d'infanterie de 4 blocs a été occupé par une compagnie de 158 soldats du 133ème R.I.F., commandée par le Capitaine Gambotti.

Le P.O. du Haut-Poirier, situé entre Wittring et Achen en Moselle.

Armement :

Bloc 1: Deux cloches GFM type B, deux cloches pour deux armes mixtes et un JM remplaçable par un AC47.

Bloc 2: Une tourelle pour deux armes mixtes et une cloche GFM type B.

Bloc 3: Deux cloches GFM type B, une cloche pour deux armes mixtes et deux JM dont l’un remplaçable par un AC47.

Bloc4: Entrée greffée sur l’égout visitable défendue par trois créneaux FM.

Le plan de l'ouvrage.

 

Le Haut-Poirier est un petit ouvrage d'infanterie de type « nouveaux fronts », dont la construction s'étalera entre 1936 à 1938. Les projets de second cycle prévoyaient six blocs d'artillerie supplémentaires et 2 entrées. Tout comme le petit ouvrage de Lembach, le Haut-Poirier bénéficie d'une entrée de type réduit dont l'accès se fait par un égout visitable.

Le vendredi 21 juin 1940, les Allemands qui viennent de percer la Sarre attaquent le Haut-Poirier par le sud, soit par l'arrière de l'ouvrage. Dépourvu d'armement d'infanterie tirant vers l'arrière, comme de tout soutien d'artillerie, le bloc 3 est percé, en provoquant la mort de trois soldats. Le commandement se résout à la reddition, juste avant l'Armistice. L'ouvrage sera réparé dans les années 1950-55 et il sera entretenu jusqu'en 1970.

 

 

 

 

 

 


 


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